David et Nil : Carnet de voyage volume 20

David et Nil : Carnet de voyage volume 20

Mercredi 25 novembre : arrivée à Jaipur

Nous voilà à Jaipur avec Nil pour la dernière étape de notre voyage en Inde. Nous sommes arrivés par le train d’Ajmer et nous logeons chez l’habitant pendant 4 jours. Bal, notre chauffeur et référent en Inde, a réussi à m’obtenir une pension chez des indiens jusqu’à mon départ pour Delhi, je suis ravi je vais pouvoir vivre avec les locaux hors des sentiers battus des hôtels impersonnels.

À mon arrivée à Jaipur, j’ai le droit, comme à chaque fois, aux rabatteurs mais à présent je connais la technique, je file au Prepaid pour prendre un ticket pour mon Rickshaw. Je donne l’adresse de ma résidence mais le guichetier semble surpris, il me dit que c’est loin du centre de Jaipur à environ 20 km, il n’a pas l’habitude de voir des européens se rendre dans ce genre de quartier car mis à part au centre de la ville les touristes ne s’aventurent pas au delà. Je confirme mon adresse et me voilà parti pour seulement 130 roupies pour 20 km en Rickshaw, je suis content de moi, j’ai réussi à ne pas me faire avoir. Il m’aura fallu plus de 3 semaines pour commencer à négocier les prix car ici c’est de notoriété publique il faut marchander ferme, nous n’avons pas cette culture en France. J’arrive dans une banlieue résidentielle de Jaipur, la ville fait plus de 4 millions d’habitants, pas si grande que ça au regard des 16 millions de Delhi. Je suis accueilli par une famille adorable et je sens déjà que je vais me sentir bien avec eux.

Visite du Fort d’Amber

DSCN2811Aujourd’hui mercredi, je décide de me rendre au Fort d’Amber avec Nil, le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et je sais que je vais être enthousiasmé de mon choix. J’ai du temps devant moi car mon rendez-vous à Sanganer n’est prévu que demain. Le maître de maison me dépose à la station de bus du quartier et à présent à moi de me débrouiller seul pour rejoindre, à environ 30 km au nord, la citadelle. Je monte dans un bus bondé où évidemment je suis le seul européen, j’ai le droit à de nombreux regards mais tous sont prévenants et me demandent où je vais. Je n’aurai pas à demander où je dois m’arrêter, la citadelle se dévoile à moi à la lueur du soleil matinal, un énorme palais construit à flanc de falaise avec ses murs de grès jaune et rose se dresse majestueusement devant moi. Le Rajasthan est vraiment une région extraordinaire, quel plaisir et quelle chance de visiter un tel monument après avoir travaillé 15 jours dans un bidonville. L’Inde et ses paradoxes, vous quittez la misère et la pauvreté pour passer l’invisible barrière de l’opulence et de la beauté de ses palais.

Un somptueux palais

DSCN2844Je pénètre dans l’imposant palais après une courte marche, je rentre par la porte du soleil qui mène à la cour principale, à l’intérieur, quelle surprise de voir un congénère à Nil déambuler dans l’enceinte de la citadelle. L’imposant pachyderme erre dans la cour, je n’ose demander au propriétaire de prendre Nil dans ses mains pour le photographier car les gens s’écartent de l’animal à son passage pour ne pas l’effrayer, Nil observera donc son père à distance.

Le palais est immense et il me faudra bien 1h30 pour en faire le tour, pour atteindre le niveau supérieur, j’emprunte un escalier qui me mène à la seconde cour où se trouve la salle des audiences. Pour accéder au Graal, je pénètre par une porte monumentale, richement décorée, à la troisième cour où sont aménagés les appartements du Maharaja. Un magnifique jardin orne la cour où l’on peut apprécier la salle des victoires ornée de marqueteries et incrustée de miroirs, tout le palais n’est que démesure ! Je continue mon exploration lorsqu’un gardien officiel du fort m’interpelle pour la visite des appartements. Il me conduit dans un labyrinthe de salles ayant chacune une fonction spécifique dont la salle réservée aux ébats amoureux du Maharadja. Lorsque le tour rapide semble fait, il regarde autour de lui pour être sûr de ne pas être entendu et me demande un « tips », comprenez pourboires ou bakchich, seulement on me l’a fait plus, il est payé par l’institution qui gère le fort et à l’entrée il est spécifié de ne pas encourager cette pratique, je refuse et il part bon joueur.

DSCN2860De retour dans mon bus pour rentrer chez ma famille d’accueil, je fais une rencontre très intéressante, deux jeunes indiens d’environ 25 ans entament la conversation. Après les présentations d’usage, ils m’expliquent qu’ils sont marionnettistes, je suis curieux et je veux en savoir un peu plus. Ils se rendent dans une salle de spectacle de Jaipur pour faire une représentation, il faut savoir que le Rajasthan est connu pour ses marionnettes de Maharadja et Maharani. À leurs pieds, se trouve un sac rempli de marionnettes, ils m’en sortent quelques-unes afin que je puisse apprécier les détails des figurines, un moment fort sympathique et complètement insolite dans un bus.

Jaipur est une ville très agréable, les indiens y semblent moins stressés que dans les précédentes villes que j’ai parcouru comme Varanasi ou encore Agra. Demain, je me rends à Sanganer pour visiter la fameuse usine de fabrication de papier à la main, je ne sais pas trop à quoi m’attendre mais je suis excité à l’idée de découvrir ce lieu.